Financer le Vert

Le 29 novembre – Le Climate Finance Day, organisé par Finance for Tomorrow, a conclu la semaine d’événements « Paris for Tomorrow » dédiée à la finance durable en accueillant plus de 700 participants, représentant plus de 40 nationalités.

 Plus que jamais conscients de l’urgence climatique, les acteurs financiers ont depuis multiplié les annonces en amont et particulièrement à l’occasion de la Paris Tomorrow Week : Olivier Sichel, directeur général adjoint de la Caisse des Dépôts et directeur de la Banque des Territoires, a déclaré : "Face à l'urgence climatique, le groupe Caisse des Dépôts met en place des outils de financement dans tous les secteurs de la transition vers la neutralité carbone, de façon juste et inclusive. Sur la période 2018-2020 nous mobiliserons 20 Md€". Thomas Buberl, Directeur Général du Groupe AXA, a annoncé : «AXA a été un pionnier en adoptant une stratégie ambitieuse de lutte contre le changement climatique mais l’urgence nécessite des efforts supplémentaires. C’est pourquoi nous lançons une nouvelle phase de notre stratégie climat pour accélérer notre contribution vers une économie bas-carbone et plus résiliente, notamment en concentrant nos financements sur la transition énergétique des acteurs industriels. Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une priorité absolue si nous voulons atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. »

AXA s’engage à limiter le « potentiel de réchauffement » de ses investissements à 1,5°C d'ici 2050, en ligne avec les objectifs de l’Accord de Paris. AXA double son objectif d’investissements verts, à 24 milliards d’euros en 2023, et annonce la souscription de « transition bonds », une nouvelle classe d’actifs visant à accompagner les entreprises dans leur transition vers des modèles économiques à plus faible intensité carbone. Enfin, le Groupe s’engage à sortir totalement du secteur du charbon d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE et l’UE, puis 2040 dans le reste du monde.

 BNP Paribas a annoncé le 22 novembre dernier un calendrier de sortie complète du charbon, en 2030 dans les pays de l’Union Européenne et en 2040 dans le reste du monde, et le renforcement de son soutien au développement des énergies renouvelables avec un nouvel objectif de financement de 18 milliards d’euros à horizon 2021. « En tant que banque, nous avons la possibilité, et la volonté, de participer à l’accélération de la transition énergétique en accompagnant nos clients dans cette nécessaire transformation, a déclaré Jean-Laurent Bonnafé, Administrateur Directeur Général de BNP Paribas. Pour aboutir, une telle transition doit être juste et équilibrée et prendre en compte la réalité du modèle économique et les besoins quotidiens des populations dans le monde. Nos nouveaux engagements, qui affichent des objectifs clairs, marquent une nouvelle étape dans notre objectif de contribuer résolument au défi climatique. Le chemin à parcourir reste long et l’urgence climatique nous oblige à développer davantage d’approches collectives. »
Crédit Agricole SA : Philippe Brassac, directeur général de Crédit Agricole S.A. a commenté la décision du Groupe de cesser le financement du charbon dans le monde dès 2024 : « Nos sociétés font face au double défi de contenir le réchauffement climatique en deçà des 2°C tout en adoptant une transition socialement juste. Nous devons collectivement mettre en œuvre une transformation radicale du moteur économique mondial. Notre rôle est clé pour réussir cette phase de transition qui doit nous permettre de cesser de produire de l’énergie à base de charbon thermique dans le monde en 2040. Nous avons vingt ans pour réussir ce défi. En ce qui concerne le Crédit Agricole nous sortirons de tout financement charbon à cette date suivant en cela les recommandations de la science du climat. Plus que jamais, nous sommes pleinement mobilisés pour accompagner nos clients dans leur adaptation, pour financer la transition et pour attirer de nouveaux investisseurs dans cette démarche écologique. »  Natixis, filiale du Groupe BPCE, a annoncé en septembre la mise en œuvre de son outil interne, le Green Weighting Factor. Ce mécanisme innovant module la rentabilité attendue de chaque financement en fonction de son impact sur l‘environnement et le climat. « Le Green Weighting Factor illustre notre volonté d’accompagner concrètement nos clients dans leur transition vers une économie décarbonée et d’inscrire nos activités dans une trajectoire cohérente avec l’Accord de Paris sur le climat » déclare François Riahi, directeur général de Natixis et membre du directoire de BPCE. Société Générale a annoncé la sortie du charbon à horizon 2030 pour les pays de l’UE ou de l’OCDE. Le Groupe réduira ainsi progressivement à zéro son exposition au secteur du charbon thermique, au plus tard en 2030 pour les entreprises ayant des actifs dans les pays de l’UE ou de l’OCDE et d’ici 2040 pour le reste du monde.Frédéric Oudéa, Directeur général de Société Générale : « Notre responsabilité est au cœur de notre modèle de création de valeur, dans la façon d’exercer et de développer nos activités. L’urgence climatique est une priorité intégrée dans notre plan stratégique, dans notre gouvernance, dans notre gestion des risques comme dans notre démarche d’innovation. En tant que conseiller et apporteur de financements, nous avons un rôle moteur à jouer dans la réussite d’une transition énergétique juste, en accompagnant de manière proactive nos clients dans leur propre transition quels que soient les géographies ou les types d’activités. Je suis convaincu que nous devons continuer d’agir collectivement et individuellement, et mener une politique volontariste et responsable avec des engagements ambitieux pour une économie bas carbone et inclusive.

Patrice Remeur

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