La blockchain va t-elle automatiser le monde ?

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Si derrière la monnaie virtuelle bitcoin se cachait une technologie clé : la blockchain ? La blockchain, jusqu’alors effacée par la réputation controversée du bitcoin, est en passe de révolutionner l’organisation et les modèles de l’ensemble des secteurs économiques. La blockchain va-t-elle reconfigurer les infrastructures, les activités économiques et redistribuer les cartes entre les acteurs ?
Née en 2009, la monnaie virtuelle « bitcoin » a fait couler de l’encre. Pour ou contre. Peu importe. La blockchain, technologie open source sur laquelle elle repose, est prometteuse. L’industrie télécom, financière, informatique, les gouvernements… prennent le sujet très au sérieux.

Pour Arvind Krishna, vice-président Recherche IBM, la « blockchain est une technologie pour une nouvelle génération d’applications transactionnelles qui établit la confiance, la responsabilité et la transparence, tout en rationalisant les processus d’affaires. Elle est un modèle de conception rendu célèbre par Bitcoin, mais ses utilisations vont bien au-delà. Avec elle, nous pouvons ré-imaginer les interactions d’affaires les plus fondamentales du monde et ouvrir la porte à inventer de nouveaux styles d’interactions numériques ».

Nasdaq, BNP Paribas, Société Générale, City Bank, Financial Group, Goldman Sachs, Crédit Suisse, HSBC, IBM, Arkéa… se fédèrent parfois contre nature, à travers par exemple R3 ou Chain, pour travailler très activement sur les nouvelles ressources offertes par cette technologie. 

L’objectif est également de ne pas se laisser distancer et de tenter de garder la maîtrise de leurs écosystèmes, des infrastructures, et de préserver leur rôle dans la gestion des transactions de confiance et échanges.

Evolution de l interet pour la blockchain

L'évolution spectaculaire de l'intérêt pour la blockchain

Mais qu’est-ce que le bitcoin ?

C’est une monnaie virtuelle reposant sur un protocole décentralisé (la blockchain), qui a été créée par une personne ou une structure sous le nom de Satoshi Nakamoto en 2009. Récemment, Craig Wright, entrepreneur australien, a déclaré en être à l’origine mais les preuves avancées étaient fausses.

Le bitcoin est une monnaie générée sans l’intervention d’un Etat, d’une banque ou d’une personne, mais par le système informatique. Personne à ce jour ne peut contrôler la création ou l’émission de la monnaie.

Le système Bitcoin permet de transférer et d’échanger de la monnaie « virtuelle » entre les membres en échange de produits et de services. Chaque transaction permet de lier une valeur avec des données/informations.

Le système est doté de systèmes de cryptages performants basés sur les hachages SHA 256. La monnaie et les informations sont stockées de manière décentralisée au sein de la multitude d’ordinateurs détenus par les utilisateurs de la monnaie.

Les informations sont chiffrées et éparpillées au sein de chacun d’entre eux. Elles peuvent circuler sur ces réseaux non sécurisés avec un niveau de sécurité élevé. Il n’y a pas de serveur ni de centres de données, ce qui rend ainsi la collecte des données difficiles par des personnes malveillantes.

La blockchain est-elle robuste ?

En 2015, Interpole et Kaspersky Labs avaient montré comment des pirates pouvaient injecter dans une base de données décentralisée un code d’exploitation qui ouvre un bloc, et ainsi corrompre la blockchain.

Jean-Paul Delahay mathématicien et informaticien, professeur à l’Université de Lille, considère que « pour s’emparer d’une blockchain […], il suffit d’une puissance de minage équivalente à un peu plus de 50% de la puissance cumulée de minage ». Cependant, le coût d’une telle attaque serait de plusieurs millions de dollars, ce qui rend la violation peu probable.
Techniquement, « pour la falsifier, il faudrait déployer la totalité de la puissance de calcul qui a été utilisée pour valider chacun de ses blocs. Une tâche virtuellement impossible au vu de la puissance actuelle du réseau Bitcoin, qui dépasse aujourd’hui les 15 millions de PetaFLOPS ; sachant que l’ordinateur actuel le plus puissant tourne à quelques dizaines de PetaFLOPS » affirme Ricardo Pérez Marco membre de l’équipe Théorie ergodique et systèmes dynamiques au sein du Laboratoire analyse, géométrie et applications du CNRS.

Reste que récemment Ethereum a été attaqué et que le développement de l’ordinateur quantique pourrait casser le cryptage et présenter de nouvelles menaces.

Une transparence des opérations

Les transactions sont vérifiées et protégées par l’ensemble du réseau des ordinateurs connectés. Elles n’ont pas besoin d’être certifiées par un tiers (notaires, chambre de compensation…).

Le processus de vérification des transactions est réalisé par des « mineurs », qui sont des séquences de blocs. Ces « mineurs » reçoivent une rétribution en Bitcoins pour leur travail sur le système.
Les transactions sont également visibles par tous (ou non selon les paramétrages de la blockchain privée ou consortium) et en temps réel, à travers un grand livre, visible par exemple sur la plateforme blockchain.info.

Le solde, le nombre de transactions, le volume des transactions mais aussi à qui sont adressés les bitcoins et à quel endroit…, sont autant d’informations disponibles.
Le système repose sur un mécanisme de signature cryptographique comprenant une clé privée permettant l’authentification du propriétaire, et une clé publique. Il est alors possible de vérifier une signature et un acte depuis une clé privée alors que l’inverse est impossible.

A l’image d’une adresse email, des clés publiques dotées de caractères alphanumériques sont utilisées pour demander ou émettre des transactions et/ou informations. Elles peuvent être créées à chaque fois que l’utilisateur en a besoin.

Le fonctionnement est comparable à celui des courriels. L’adresse Bitcoin fait office de numéro de compte bancaire ou de certificat pour un document, une image, des données… Elle est la seule information nécessaire pour réaliser une transaction.

L’utilisation du Bitcoin se fait une fois le portefeuille dédié installé sur un appareil numérique (ordinateur, smartphone, tablette…), qui génère automatiquement une clé publique et une clé privée. Les opérations sont alors enregistrées de manière irrémédiable dans le grand livre et vérifiables en quelques clics par toute personne.

 

Patrice Remeur

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